Le chikungunya est une réalité sanitaire à l’île Maurice — pas une rumeur, pas un risque théorique. Au 15 mars 2026, le dernier bilan officiel fait état de 402 cas de chikungunya depuis janvier 2026 à l’île Maurice. Ce mois de février 2026, le personnel de santé enregistrait sept à huit nouveaux cas par jour. En parallèle, les autorités comptabilisent 9 cas de leptospirose, responsable de trois décès. La situation n’est pas alarmante pour un voyageur qui se protège correctement des piqûres de moustiques — mais elle justifie une préparation sérieuse. Voici tout ce qu’il faut savoir : situation épidémique actuelle, symptômes, traitements, protection et précautions spécifiques pour l’île Maurice en 2026.
La situation du chikungunya à l’île Maurice en 2026
Le ministère de la Santé de l’île Maurice intensifie sa vigilance face à une situation sanitaire préoccupante. Des foyers de chikungunya ont été identifiés, particulièrement dans la région de Rose-Hill. Face à cette menace, les autorités déploient un plan d’action d’urgence.
Lundi 23 février 2026, le Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé publique, a réuni un comité interministériel de coordination pour élaborer un plan d’action afin de limiter l’expansion du virus dans la population.
Des opérations de fumigation et d’épandage d’herbicides sont actuellement menées à proximité des zones infectées pour éliminer les moustiques et les vecteurs de transmission. Le ministre de la Santé demande à la population d’éliminer tous les points d’eau stagnante.
La chronologie de l’épidémie 2026 est précise : l’île Maurice comptabilisait six cas de chikungunya depuis la fin du mois de décembre 2025 et ce début d’année 2026 au 5 janvier 2026. Depuis le 1er janvier 2026, les autorités comptabilisaient 117 cas de chikungunya au 23 février 2026. Ce chiffre est passé à 402 cas au 15 mars 2026.
C’est une situation récurrente dans l’île sœur, comme à La Réunion, chaque été austral arrosé et chaud, les infections augmentent.
Le contexte régional : l’épidémie réunionnaise de 2025
Pour comprendre la situation mauricienne de 2026, il faut revenir sur l’épidémie réunionnaise de 2025 — l’une des plus graves de l’histoire de l’île voisine. Entre août 2024 et juillet 2025, 54 340 cas autochtones de chikungunya ont été confirmés par PCR à La Réunion, avec 28 décès. La fin de l’épidémie a été déclarée le 24 juin 2025 par les autorités de santé.
Entre le 1er mai et le 15 juillet 2025, 799 cas importés de chikungunya ont été identifiés en France hexagonale. Parmi ces cas importés, 646 provenaient de La Réunion et 61 de l’île Maurice.
Face à cette épidémie réunionnaise, les autorités mauriciennes et le Département de l’aviation civile ont renforcé leurs mesures de contrôle pour les passagers en provenance de La Réunion vers l’île Maurice et Rodrigues à partir du 9 avril 2025. Aucun passager n’était autorisé à entrer ou à transiter sur le territoire mauricien sans avoir effectué un test PCR pour le chikungunya dans les 48 heures précédant la date de départ. Ces restrictions étaient en vigueur du 9 avril au 8 mai 2025.
Le chikungunya, c’est quoi exactement ?
Le chikungunya est une maladie virale transmise par les piqûres de moustiques — principalement l’Aedes aegypti et l’Aedes albopictus, aussi appelé moustique tigre. Ces deux espèces sont présentes à l’île Maurice. Contrairement au paludisme, le chikungunya ne se transmet pas d’humain à humain directement — seule la piqûre d’un moustique infecté peut transmettre le virus.
Les symptômes
Les symptômes sont : une forte fièvre, des douleurs articulaires, des maux de tête et une grande fatigue. L’apparition est brutale — la fièvre monte à 38,5°C ou au-delà en quelques heures après l’infection. Les douleurs articulaires sont le symptôme le plus caractéristique et le plus invalidant — poignets, chevilles, genoux, doigts — au point que certains patients ont du mal à marcher ou à tenir un objet. Une éruption cutanée apparaît dans environ 50 % des cas, généralement 2 à 3 jours après le début de la fièvre.
La durée de la phase aiguë est de 7 à 10 jours. Dans la grande majorité des cas, la guérison est complète. Chez certains patients — surtout les personnes âgées de plus de 65 ans et celles atteintes de maladies chroniques — les douleurs articulaires peuvent persister plusieurs semaines ou plusieurs mois après la guérison de la phase aiguë : c’est le chikungunya chronique.
Traitement : symptomatique uniquement
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre le chikungunya. La prise en charge est exclusivement symptomatique : repos, hydratation abondante, paracétamol pour la fièvre et les douleurs. L’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène) sont déconseillés en phase aiguë — ils peuvent aggraver certaines complications. En cas de symptômes, consultez un médecin dès que possible, que vous soyez encore à Maurice ou de retour en France.
La vaccination : décision mauricienne de ne pas vacciner
L’île Maurice a suivi l’évolution de l’épidémie de chikungunya à La Réunion et a décidé de retirer la vaccination pour les plus de 65 ans à cause des effets secondaires. Un comité s’est penché sur sa possible utilisation à Maurice et a décidé de ne pas aller de l’avant pour l’instant.
Le vaccin Ixchiq — premier vaccin approuvé contre le chikungunya — a été utilisé à La Réunion lors de l’épidémie de 2025. La campagne de vaccination à La Réunion concernait les personnes de 18 à 64 ans ayant des comorbidités et n’ayant pas déjà contracté la maladie, après que les responsables sanitaires avaient décidé de ne plus cibler les personnes âgées de plus de 65 ans à la suite d’effets secondaires graves.
Pour les voyageurs français se rendant à Maurice en 2026 : aucune vaccination contre le chikungunya n’est recommandée ni disponible dans le calendrier vaccinal standard en France métropolitaine pour cette destination. La prévention repose exclusivement sur la protection anti-moustiques.
La leptospirose : l’autre maladie à surveiller en 2026
La leptospirose est une bactérie transmise par les rats. Les rongeurs contaminent le sol et l’eau en urinant. Les premiers signes de la maladie sont de la fièvre, des douleurs musculaires, des maux de tête et des vomissements.
Le dernier bilan officiel fait état de 12 cas de leptospirose, ayant malheureusement entraîné 3 décès à l’île Maurice en 2026. La leptospirose est contractée principalement lors de contacts avec de l’eau douce ou de la boue contaminée par l’urine de rongeurs — les randonneurs qui traversent des cours d’eau, les nageurs en eau douce et les personnes qui jardinent sans gants sont les plus exposés. Les touristes qui restent sur les plages et dans les hôtels sont peu exposés, sauf s’ils s’aventurent dans des zones humides intérieures.
La dengue : troisième maladie vectorielle à Maurice
Les services sanitaires de l’île Maurice ont enregistré 30 cas de dengue depuis le début de l’année 2025. La dengue est transmise par le même moustique vecteur que le chikungunya — l’Aedes aegypti et l’Aedes albopictus. Les symptômes sont proches du chikungunya : forte fièvre, douleurs musculaires et articulaires, maux de tête. La dengue est potentiellement plus grave avec un risque de dengue hémorragique dans les formes sévères.
La protection anti-moustiques : les 6 mesures essentielles
La prévention du chikungunya, de la dengue et du Zika repose intégralement sur la protection contre les piqûres de moustiques. Les moustiques Aedes piquent principalement le jour — contrairement aux moustiques du paludisme qui piquent la nuit — avec deux pics d’activité : le matin tôt (7h-10h) et en fin d’après-midi (16h-19h).
1. Le répulsif cutané est la mesure la plus efficace. Les répulsifs contenant du DEET (diéthyltoluamide), de l’icaridine ou du IR3535 sont les plus recommandés. Le DEET à 30-50 % offre une protection de 6 à 8 heures. À appliquer sur toutes les zones exposées après la crème solaire — et non l’inverse. Répéter l’application après une baignade ou une transpiration importante.
2. Les vêtements couvrants restent la protection la plus simple lors des sorties en forêt, randonnée ou dans les zones végétalisées — manches longues, pantalon, chaussettes. Certains vêtements peuvent être imprégnés de perméthrine pour une protection supplémentaire.
3. La moustiquaire est recommandée si votre hébergement n’est pas climatisé ou si les fenêtres ne sont pas grillagées. Les hôtels 4 et 5 étoiles climatisés offrent une protection naturelle — les moustiques Aedes n’apprécient pas les températures inférieures à 22°C.
4. Éliminer les points d’eau stagnante autour de votre hébergement — le ministre de la Santé demande à la population d’éliminer tous les points d’eau stagnante. Cela inclut les soucoupes de pots de fleurs, les seaux, les bidons ouverts et tout récipient pouvant accumuler de l’eau de pluie — le moustique tigre se reproduit dans des volumes d’eau très faibles, quelques centilitres suffisent.
5. La climatisation réduit significativement le risque de piqûres en chambre. Préférez dormir dans une chambre climatisée avec fenêtres fermées plutôt que fenêtres ouvertes sans moustiquaire.
6. Les diffuseurs électriques à base de pyréthrinoïdes sont efficaces dans une pièce fermée pour les soirées.
Ce que les voyageurs français doivent anticiper
Les vaccins recommandés avant le départ
Pour voyager à l’île Maurice, il est recommandé d’être à jour sur les vaccins contre la polio, le tétanos, et l’hépatite A et B. Le vaccin contre la fièvre typhoïde est recommandé pour les séjours prolongés ou en dehors des zones hôtelières.
L’assurance voyage avec rapatriement médical
Souscrire une assurance voyage avec rapatriement médical est indispensable pour tout séjour à Maurice entre novembre et avril — la saison chaude et humide favorable à la prolifération des moustiques. En cas de chikungunya sévère ou de complications, le rapatriement vers la France peut s’avérer nécessaire.
Consulter un médecin au retour
Signalez tout voyage récent à l’île Maurice à votre médecin si vous développez de la fièvre, des douleurs articulaires ou une éruption cutanée dans les 15 jours suivant votre retour. Le diagnostic de chikungunya est confirmé par un test PCR ou sérologique. En 2025, 61 cas importés de chikungunya provenant de l’île Maurice ont été identifiés en France hexagonale.
La meilleure période pour limiter le risque
La saison à risque élevé coïncide avec la saison chaude et humide — de novembre à avril. Les mois de mai à octobre sont nettement moins propices à la prolifération des moustiques Aedes — la chaleur et l’humidité sont moins intenses. Pour les voyageurs qui souhaitent minimiser le risque moustiques, planifier le séjour entre juin et septembre réduit significativement l’exposition, sans l’éliminer totalement.
Où suivre la situation sanitaire en temps réel
- Ministère des Affaires étrangères (diplomatie.gouv.fr/conseils-aux-voyageurs) : fiche île Maurice mise à jour régulièrement avec les alertes sanitaires
- Santé publique France (santepubliquefrance.fr) : bulletins épidémiologiques hebdomadaires sur le chikungunya dans l’océan Indien
- Météo-Maurice / Ministry of Health Mauritius (health.govmu.org) : bulletins officiels des autorités sanitaires mauriciennes
- ANRS MIE (anrs.fr) : veille scientifique sur le chikungunya dans l’océan Indien
FAQ
Y a-t-il du chikungunya à l’île Maurice en 2026 ?
Oui — 402 cas de chikungunya ont été enregistrés depuis janvier 2026 à l’île Maurice, avec des foyers identifiés particulièrement dans la région de Rose-Hill. La situation est préoccupante mais pas alarmante pour les voyageurs qui se protègent correctement des piqûres de moustiques.
Le chikungunya est-il dangereux ?
Pour la grande majorité des patients, le chikungunya est une maladie douloureuse mais non mortelle — fièvre et douleurs articulaires intenses pendant 7 à 10 jours avec guérison complète. Les formes graves concernent principalement les personnes âgées de plus de 65 ans avec des maladies chroniques sous-jacentes.
Peut-on se vacciner contre le chikungunya avant d’aller à Maurice ?
Un comité mauricien s’est penché sur la possible utilisation du vaccin à Maurice et a décidé de ne pas aller de l’avant pour l’instant. Aucune vaccination n’est recommandée ni disponible en France métropolitaine pour cette destination. La prévention repose sur la protection anti-moustiques.
Quels répulsifs utiliser contre les moustiques à l’île Maurice ?
Les répulsifs contenant du DEET à 30-50 %, de l’icaridine ou du IR3535 sont les plus efficaces. À appliquer après la crème solaire sur toutes les zones de peau exposée, avec réapplication toutes les 6 à 8 heures et après chaque baignade.
Les hôtels à l’île Maurice sont-ils protégés contre les moustiques ?
Les hôtels climatisés 4 et 5 étoiles offrent une protection naturelle significative — les moustiques Aedes n’apprécient pas les températures inférieures à 22°C. Les chambres climatisées avec fenêtres fermées sont nettement moins exposées. Les bungalows ouverts, les hébergements non climatisés et les terrasses en soirée sont les zones les plus à risque.
Quelle est la meilleure période pour éviter les moustiques à Maurice ?
De juin à septembre — la saison fraîche et sèche — est la période la moins propice à la prolifération des moustiques Aedes. C’est une situation récurrente à l’île Maurice : chaque été austral arrosé et chaud, les infections augmentent. Les mois de novembre à avril cumulent chaleur, humidité et pluies — conditions optimales pour les moustiques.