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Impôts à l’île Maurice : comment fonctionne vraiment la fiscalité en 2026

L’île Maurice traîne une réputation de paradis fiscal à la fiscalité ultra-simple. La réalité de 2026 est plus nuancée : le pays reste l’une des juridictions les plus douces pour un Européen, mais son système a évolué et n’est plus la « flat tax à 15 % » que l’on décrit encore un peu partout. Comprendre comment l’impôt fonctionne réellement à Maurice — pour les particuliers comme pour les entreprises — est indispensable avant d’envisager une installation. Voici le panorama clair et à jour.

Une expatriation ne se décide pas sur la seule fiscalité. Permis, présence réelle, logement et centre de vie comptent aussi : consultez notre guide de l’installation à Maurice. Pour replacer la fiscalité dans l’ensemble du permis et de l’installation, vous pouvez être accompagné dans votre expatriation à Maurice.

À lire avant tout. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. La fiscalité mauricienne a connu des changements récents (notamment au 1er juillet 2025 et au budget 2025-2026) et dépend étroitement de votre situation. Chaque cas étant unique, le plus sûr est de vous faire accompagner : contactez-nous pour faire le point sur votre situation et sécuriser votre projet d’installation à Maurice.

L’impôt sur le revenu : ce n’est plus une flat tax

C’est le point le plus important, et celui que beaucoup d’articles n’ont pas encore intégré. Pendant des années, Maurice appliquait un taux unique de 15 % sur le revenu des particuliers. Ce n’est plus le cas.

Depuis l’année de revenu ouverte le 1er juillet 2025, l’impôt sur le revenu des personnes physiques repose sur un barème progressif à trois tranches :

  • 0 % sur les premiers 500 000 roupies de revenu imposable (environ 10 000 €)
  • 10 % sur la tranche suivante, de 500 000 à 1 million de roupies
  • 20 % sur la part qui dépasse 1 million de roupies

À cela peut s’ajouter la Fair Share Contribution : la MRA indique un prélèvement de 15 % sur le revenu concerné au-delà d’un seuil de 12 millions MUR, pour l’année de revenu ouverte le 1er juillet 2025 et les deux années suivantes. Le calcul exact dépend des revenus inclus ou exclus du dispositif. Des contributions sociales peuvent également affecter le revenu net.

Le « remittance basis » : la vraie spécificité mauricienne

La MRA définit les revenus étrangers comme les revenus provenant de l’extérieur de Maurice et précise qu’ils sont imposables entre les mains d’un résident. Selon sa page officielle, un résident est soumis à l’impôt mauricien sur ses revenus provenant de Maurice ou rapatriés à Maurice. La qualification de la source, du rapatriement et l’effet d’une convention fiscale doivent donc être examinés ensemble.

Il ne faut pas en déduire que toute somme conservée à l’étranger est automatiquement exonérée. La nature du revenu — pension, loyer, dividende, intérêt ou revenu professionnel —, sa source, les flux vers Maurice et les obligations dans l’autre État peuvent modifier le traitement. Faites valider le schéma avant tout transfert ou déclaration.

La résidence fiscale ne se résume pas à un seul seuil. La MRA considère notamment comme résident l’individu présent à Maurice au moins 183 jours pendant l’année de revenu, ou au moins 270 jours cumulés pendant les deux années de revenu précédentes. La règle du domicile et du lieu de résidence permanent intervient également, puis la convention fiscale peut départager une double résidence.

Fiscalité patrimoniale : éviter les raccourcis

Le régime mauricien est souvent présenté à travers l’absence de certains impôts patrimoniaux. Ces raccourcis ne doivent pas être transformés en exonération universelle : une cession immobilière, une donation, une succession, un dividende ou un gain lié à une activité peuvent entraîner des droits, une imposition ou des obligations déclaratives selon la nature de l’opération et les États concernés. Un résident ou héritier français doit notamment vérifier les règles françaises et la convention applicable.

Pour un retraité ou un investisseur ayant des liens avec plusieurs pays, la comparaison doit être réalisée opération par opération. La résidence du donateur, du défunt ou de l’héritier, la localisation des biens et les conventions applicables peuvent maintenir une imposition ou une obligation déclarative hors de Maurice.

La TVA et la fiscalité des entreprises

Côté consommation, le taux standard de TVA (VAT) est de 15 %, avec des biens et services exonérés ou à taux zéro. La FAQ officielle de la MRA fixe le seuil général d’enregistrement obligatoire à 3 millions MUR de chiffre d’affaires taxable ; certaines activités et professions doivent toutefois s’enregistrer quel que soit leur chiffre d’affaires. Depuis le 1er janvier 2026, les services numériques ou électroniques fournis depuis l’étranger à des personnes situées à Maurice sont soumis à la TVA de 15 %.

Pour les sociétés, l’impôt sur les sociétés est de 15 %, avec des régimes particuliers et des exigences de substance économique pour les entités tournées vers l’international. La création d’entreprise et la fiscalité des sociétés constituent un sujet spécifique, distinct de la fiscalité des particuliers traitée ici.

Une fiscalité attractive, mais sous conditions

L’avantage fiscal mauricien n’est jamais automatique. Il repose sur trois piliers : être réellement résident fiscal de l’île, qualifier correctement chacun de ses revenus — source mauricienne ou étrangère, rapatriée ou non — et respecter ses obligations déclaratives auprès de la Mauritius Revenue Authority. Les mécanismes d’échange et les listes de surveillance évoluent : consultez les publications officielles de l’Union européenne et des organismes internationaux au moment de votre décision.

C’est précisément parce que les règles ont évolué et que leur application dépend de chaque situation qu’un projet d’installation se prépare en amont, plutôt que de se construire sur des chiffres lus en ligne — souvent périmés, comme l’illustre le mythe persistant de la flat tax à 15 %.

FAQ : impôts à l’île Maurice

Quel est le taux d’impôt sur le revenu à l’île Maurice en 2026 ?

Depuis le 1er juillet 2025, l’impôt sur le revenu des particuliers suit un barème progressif : 0 % sur les premiers 500 000 MUR, 10 % sur les 500 000 MUR suivants, puis 20 % sur le solde. La Fair Share Contribution peut ajouter 15 % sur le revenu concerné au-delà de 12 millions MUR. Ce n’est donc plus une flat tax à 15 %.

Maurice est-elle vraiment un paradis fiscal ?

Maurice applique des obligations déclaratives et participe aux mécanismes internationaux de transparence fiscale. Le statut du pays sur les listes de surveillance pouvant évoluer, vérifiez toujours les publications officielles de l’Union européenne et des organismes internationaux au moment de votre décision.

Qu’est-ce que le « remittance basis » ?

La MRA indique qu’un résident est imposable sur les revenus provenant de Maurice ou rapatriés à Maurice. Cette règle doit être appliquée selon la nature et la source du revenu, les mouvements de fonds et la convention fiscale concernée ; elle ne constitue pas une exonération automatique de toute somme laissée à l’étranger.

Y a-t-il un impôt sur la fortune ou les successions à Maurice ?

Le régime mauricien ne doit pas être résumé par un « non » universel. L’absence de certains impôts généraux n’exclut pas des droits ou obligations liés à une transaction immobilière, une donation, une succession ou une qualification de revenu. Les règles françaises peuvent aussi s’appliquer selon la résidence et la localisation des biens.

Quel est le taux de TVA à l’île Maurice ?

Le taux standard de TVA est de 15 %, avec des exonérations et des opérations à taux zéro. Le seuil général d’enregistrement obligatoire indiqué par la MRA est de 3 millions MUR de chiffre d’affaires taxable, avec des obligations sans seuil pour certaines activités et professions.

Faut-il être résident fiscal pour bénéficier de la fiscalité mauricienne ?

La résidence fiscale est déterminante. La MRA retient notamment 183 jours pendant l’année de revenu, ou 270 jours cumulés pendant les deux années précédentes, en plus des règles de domicile. En cas de liens avec la France, la convention fiscale doit aussi être appliquée.

Romain

Romain

Romain est cofondateur de National Library et expatrié français installé à l’Île Maurice. Ayant lui-même mené l’ensemble des démarches d’expatriation, il partage une expérience concrète du terrain et des réalités administratives locales. Il rédige des contenus clairs, factuels et orientés pratique pour aider les futurs expatriés à prendre des décisions éclairées.