Soleil toute l’année, lagon turquoise, sécurité, langue française partout et une fiscalité parmi les plus douces au monde : l’île Maurice s’est imposée comme l’une des destinations préférées des retraités européens. Régulièrement citée dans le haut des classements mondiaux des meilleures destinations pour la retraite, l’île offre un cadre de vie rare. Mais derrière la carte postale, un projet de retraite réussi se prépare : permis de résidence, fiscalité, budget, santé. Voici tout ce qu’il faut comprendre avant de sauter le pas.
À lire avant tout. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les conditions du permis retraité et la fiscalité mauricienne évoluent régulièrement — plusieurs paramètres ont d’ailleurs été modifiés par le budget 2025-2026. Chaque situation de retraite étant unique (origine des pensions, patrimoine, résidence fiscale), le plus sûr est de vous faire accompagner : contactez-nous, nous sommes là pour vous épauler à chaque étape de votre projet d’installation à Maurice.
Le permis de résidence pour retraité
C’est la porte d’entrée du projet. L’île Maurice a créé un dispositif spécifique, le Residence Permit for Retired Non-Citizen, pensé pour accueillir les retraités étrangers dans des conditions volontairement accessibles.
Les conditions à remplir
Les critères, simplifiés par rapport à d’autres pays, sont les suivants :
- Âge minimum : 50 ans au moment de la demande. Bon à savoir, il n’est pas nécessaire d’être officiellement retraité au sens européen pour y prétendre.
- Revenus : le transfert d’au moins 2 000 USD par mois, soit 24 000 USD par an, sur un compte bancaire mauricien. Ces fonds doivent provenir de l’étranger (pension, revenus, épargne).
- Activité : le permis n’autorise aucune activité professionnelle salariée. Il reste en revanche possible d’investir dans l’immobilier ou de prendre des participations dans des sociétés locales.
Une durée qui a changé en 2025-2026
Point important, car les informations en ligne ne sont pas toutes à jour : depuis la réforme du budget 2025-2026, la durée du permis retraité a été ramenée à 5 ans renouvelables, alors qu’elle était auparavant de 10 ans. Comme c’est exactement le type de paramètre qui vient d’évoluer, vérifiez impérativement la durée et les montants en vigueur auprès de l’Economic Development Board (EDB) avant de monter votre dossier.
La fiscalité : le vrai argument
C’est souvent l’élément décisif, et il mérite d’être bien compris, car son fonctionnement est particulier.
Le principe du « remittance basis »
Maurice applique un système fiscal dit de remittance basis : pour un résident, seuls les revenus de source étrangère effectivement rapatriés sur l’île sont imposables localement. Concrètement, les pensions et l’épargne que vous laissez sur un compte en Europe échappent à l’impôt mauricien tant qu’ils n’entrent pas à Maurice. Seules les sommes transférées pour vivre sur place entrent dans l’assiette imposable. C’est ce mécanisme qui rend l’optimisation légale possible.
Des taux doux et des exemptions majeures
Le barème mauricien est modéré, avec une tranche à 0 % jusqu’à un certain seuil de revenu (relevé au budget 2026 autour de 500 000 roupies, soit environ 11 000 €) et un taux qui reste contenu au-delà. Surtout, l’île ne prélève pas d’impôt sur la fortune, pas de droits de succession en ligne directe, pas de taxe foncière ou d’habitation, et pas d’impôt sur les plus-values immobilières. Pour un retraité européen habitué aux prélèvements patrimoniaux, l’écart est considérable.
Le lien avec la France : attention à la résidence fiscale
C’est le point le plus délicat, et celui où une erreur coûte cher. Détenir le permis retraité ne fait pas automatiquement de vous un résident fiscal mauricien. Ce statut s’acquiert en séjournant au moins 183 jours par an sur l’île (ou selon un cumul sur trois ans), et en y plaçant le centre de ses intérêts. Tant que vous restez résident fiscal français, vos revenus restent imposables en France.
Par ailleurs, la convention fiscale franco-mauricienne distingue les pensions du privé (imposables à Maurice) des pensions de la fonction publique (qui restent imposables en France). Un ancien salarié du privé et un ancien fonctionnaire ne sont donc pas logés à la même enseigne. C’est tout l’enjeu d’une bonne préparation en amont.
Quel budget pour vivre à Maurice à la retraite ?
Le coût de la vie est l’un des grands attraits de l’île, à condition d’adopter un mode de vie adapté. En consommant local — marchés, produits mauriciens, cuisine de l’île — un couple de retraités peut vivre confortablement pour bien moins qu’en France. À l’inverse, vouloir reproduire un quotidien 100 % européen (produits importés, restaurants haut de gamme, résidences de standing) fait grimper la note rapidement.
Quelques postes à anticiper dans le budget : le logement (la location est souvent la porte d’entrée avant un éventuel achat), les courses (abordables en local, chères en importé), la voiture quasi indispensable, et surtout la santé, poste à ne pas sous-estimer.
La santé, un critère décisif à la retraite
À la retraite, la question médicale devient centrale. L’île dispose d’un système de santé à deux vitesses : un secteur public gratuit mais souvent engorgé, et un secteur privé moderne et réactif vers lequel se tournent la plupart des expatriés, avec des cliniques de bon niveau, notamment dans le nord et le centre.
Point crucial : les retraités français installés à Maurice ne dépendent plus de la Sécurité sociale française pour leurs soins sur place. Une assurance santé internationale couvrant les soins privés et, idéalement, le rapatriement, est donc vivement recommandée — c’est l’un des postes de dépense les plus importants d’une retraite mauricienne, et il croît avec l’âge. Mieux vaut l’intégrer au budget dès le départ.
Les démarches, étape par étape
Le projet se prépare plusieurs mois à l’avance. Les grandes étapes sont les suivantes : constituer le dossier de permis retraité (passeport valide, extrait de casier judiciaire, justificatifs de revenus et de pension, certificat médical, justificatif d’adresse à Maurice), déposer la demande via la plateforme de l’EDB, ouvrir un compte bancaire mauricien pour y domicilier le transfert mensuel, puis finaliser les formalités d’immigration une fois le permis approuvé. Il est recommandé d’entamer les démarches au moins trois mois avant la date d’installation souhaitée, le temps de rassembler les pièces et d’obtenir les validations.
FAQ : vivre à l’île Maurice à la retraite
Quel revenu faut-il pour prendre sa retraite à l’île Maurice ?
Le permis retraité exige le transfert d’au moins 2 000 USD par mois (24 000 USD par an) sur un compte bancaire mauricien, provenant de vos pensions ou revenus étrangers. C’est le critère financier principal du dispositif.
À partir de quel âge peut-on obtenir le permis retraité ?
Dès 50 ans au moment de la demande. Il n’est pas nécessaire d’être officiellement à la retraite au sens européen pour y prétendre.
Combien de temps est valable le permis retraité ?
Depuis la réforme du budget 2025-2026, il est valable 5 ans renouvelables, contre 10 ans auparavant. Cette durée ayant récemment changé, il est prudent de la confirmer auprès de l’EDB avant de déposer son dossier.
Ma pension sera-t-elle imposée à Maurice ou en France ?
Cela dépend de son origine et de votre résidence fiscale. Selon la convention franco-mauricienne, les pensions du privé sont imposables à Maurice, celles de la fonction publique restent imposables en France. Et seuls les revenus rapatriés à Maurice y sont imposés, en vertu du « remittance basis ». Une analyse personnalisée est indispensable.
Faut-il une assurance santé pour sa retraite à Maurice ?
Vivement recommandée. Les retraités français ne sont plus couverts par la Sécurité sociale française pour leurs soins à Maurice. Une assurance santé internationale couvrant le privé et le rapatriement est l’un des postes essentiels du budget retraite sur l’île.
Le permis retraité permet-il de travailler ?
Non. Il n’autorise aucune activité professionnelle salariée. Il permet en revanche d’investir dans l’immobilier et de prendre des participations dans des sociétés locales sans y exercer d’emploi.