Conduire à Maurice est la meilleure façon d’explorer l’île. Les bus existent, les taxis aussi — mais ils ne vous emmèneront pas à l’heure que vous voulez, là où vous voulez, avec la liberté de vous arrêter sur le bord d’une route de canne à sucre ou de remonter un chemin en terre vers une cascade. Une voiture change radicalement l’expérience de l’île. Ce guide couvre tout ce qu’il faut savoir avant de prendre le volant : permis, conduite à gauche, code de la route, assurance, comportements à connaître.
Le permis de conduire : ce qui est valable et jusqu’où
Pour un séjour touristique (moins de 4 semaines)
Le permis de conduire français est valable à Maurice pour un séjour touristique sans aucune démarche supplémentaire. Pas besoin de permis international — le permis national suffit. C’est la situation de la grande majorité des voyageurs.
Conditions requises par les loueurs de voitures : avoir au moins 21 ans (23 ans pour certaines catégories de véhicules), être titulaire du permis depuis plus d’un an. Les conducteurs de moins de 24 ans se voient parfois appliquer des frais jeune conducteur.
Pour un séjour entre 4 semaines et 12 mois
Au-delà de 4 semaines, le permis français seul ne suffit plus — il faut soit un permis de conduire international (PCI), soit demander une extension auprès des autorités mauriciennes (Traffic Branch, Line Barracks, Port-Louis).
Le permis international est gratuit et se demande en ligne sur le site de l’ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés). Il n’est pas autonome — il doit toujours accompagner le permis français original. Délai d’obtention : plusieurs semaines. À demander avant le départ, pas au dernier moment.
Le PCI est valable pour les 12 premiers mois de résidence à Maurice.
Pour les expatriés (plus de 12 mois)
Au-delà de 12 mois de résidence, le permis étranger n’est plus valable. Il faut l’échanger contre un permis mauricien auprès du Traffic Branch à Port-Louis (Line Barracks, ouvert en semaine de 9h à 14h et le samedi de 9h à 10h30).
Dossier à constituer pour l’échange : lettre de demande en anglais, attestation officielle confirmant la validité du permis français (Relevé d’Information Restreint, téléchargeable sur mespoints.permisdeconduire.gouv.fr), copie et original du passeport, copie et original du permis français. Coût : environ 1 500 roupies. Délai : environ six à huit semaines. Trois visites sont nécessaires (dépôt, validation/paiement, retrait). Il n’y a pas de parking à Line Barracks — utiliser le Victoria Urban Terminal en face.
Le nouveau permis à points (depuis janvier 2026)
Depuis janvier 2026, Maurice a réintroduit un système de permis à points — le Criminal Road Traffic Offences (CRTO). Il s’applique à tous les conducteurs, y compris les étrangers avec un permis international.
Chaque conducteur démarre avec 15 points sur une période de 24 mois. Des points sont retirés à chaque infraction constatée selon la gravité. Si le solde tombe à zéro, le permis peut être suspendu 6 mois voire retiré. Les points restent inscrits 3 ans avant d’être effacés.
Ce système est similaire au permis à points français — les conducteurs français ne seront pas dépaysés par le principe, mais il faut savoir qu’il s’applique dès la première infraction sur l’île.
La conduite à gauche : s’y faire plus vite qu’on ne le croit
C’est le point qui inquiète le plus les conducteurs français avant leur premier séjour. En pratique, l’adaptation est plus rapide que prévu — la plupart des gens s’y font en quelques heures de conduite.
Ce qui change concrètement : le volant est à droite, la boîte de vitesses passe à gauche, les clignotants sont à droite du volant (vous actionnerez les essuie-glaces par erreur les premières fois — tout le monde le fait). Les ronds-points se prennent dans le sens des aiguilles d’une montre. On double par la droite. Les intersections non signalées : priorité à droite comme en France.
Les deux moments critiques sont les virages et les intersections — l’instinct pousse à se mettre du mauvais côté. Se concentrer sur ces deux situations, serrer à gauche, et l’essentiel est géré.
Conseil pratique : si vous arrivez à Maurice après un vol de nuit, ne prenez pas le volant directement à l’aéroport. Prenez un taxi pour rejoindre votre hébergement, reposez-vous, et commencez à conduire le lendemain matin sur des petites routes tranquilles. La fatigue est le pire ennemi de l’adaptation à la conduite à gauche.
Les limitations de vitesse et règles principales
Les limitations de vitesse à Maurice :
En agglomération : 40 km/h (certaines zones à 30 km/h) Sur route nationale hors agglomération : 80 km/h Sur autoroute (M1, M2) : 110 km/h
Les radars fixes et mobiles sont présents sur les axes principaux. Les amendes s’appliquent aux touristes comme aux résidents.
Alcool au volant : la limite légale est de 0,02 % BAC (20 mg/100 ml de sang) — quasi nulle, nettement plus stricte que la France (0,05 %). En cas d’infraction, l’amende va de 20 000 à 50 000 roupies et peut entraîner jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et un retrait de permis d’un an. Ne pas conduire après avoir bu, même légèrement.
Ceinture de sécurité : obligatoire pour tous les passagers, avant et arrière.
Enfants : siège auto obligatoire pour les moins de 5 ans, rehausseur pour les 5-12 ans si la ceinture ne s’adapte pas. Interdiction de s’asseoir à l’avant avant 10 ans.
Téléphone : interdit au volant sauf mains libres. Amende : 1 500 roupies + points de pénalité.
Alerte cyclonique classe 3 ou 4 : ne pas conduire sous aucun prétexte. En cas d’accident sous alerte cyclonique 3 ou 4, l’assurance ne couvre pas.
Les comportements locaux à connaître
Le code de la route mauricien est très similaire au code français. Ce qui diffère, c’est le comportement réel des conducteurs locaux — et le connaître évite des mauvaises surprises.
Le marquage au sol est peu respecté — les lignes blanches sont souvent ignorées, notamment dans les zones urbaines. La nuit, beaucoup de conducteurs restent en pleins phares même en croisement. Les règles de priorité ne sont pas toujours respectées — il est courant de voir un conducteur tendre le bras par la fenêtre pour demander une priorité. Ce geste est compris et généralement accordé — c’est une convention locale non officielle.
Les routes sont très variables en qualité. Les axes principaux (M1, M2, routes nationales côtières) sont généralement en bon état. Les routes secondaires, notamment vers les sites naturels, peuvent être dégradées avec des nids-de-poule importants. Certains accès (Morne Brabant, cascades, zones intérieures) nécessitent de circuler sur de petits chemins difficiles par temps de pluie.
Il n’y a pas de péages à Maurice. Le stationnement est gratuit dans la grande majorité des zones, payant dans certaines villes (Port-Louis, Rose-Hill, Curepipe, Quatre-Bornes). Le carburant est vendu par un pompiste — on ne se sert pas soi-même. Le prix est fixé par l’État : environ 58 roupies par litre en 2026, soit environ 1,40 €. Beaucoup de stations ferment la nuit — faire le plein en journée.
L’assurance et la location de voiture
L’assurance responsabilité civile (au tiers) est obligatoire et normalement incluse dans tout contrat de location de voiture. La CDW (assurance tous risques, Collision Damage Waiver) est fortement recommandée — vérifier la franchise qui varie entre 10 000 et 40 000 roupies selon les loueurs.
Avant de prendre un véhicule : faire le tour complet avec le loueur, noter et photographier chaque rayure, bosse, éclat de pare-brise. Vérifier les phares, clignotants, feux de freinage, pneus (y compris la roue de secours), niveau de carburant. Les photos datées vous protègent en cas de litige au retour.
Vérifier si votre carte bancaire (Visa Premier, Mastercard Gold) inclut une assurance location voiture à l’étranger — cela peut éviter de payer une couverture supplémentaire.
À l’aéroport SSR : Hertz, Europcar, Avis, Sixt et Pingouin Car Rental sont présents au hall des arrivées. Les agences locales dans les zones touristiques (Grand Baie, Flic en Flac) sont souvent moins chères et la négociation est possible. La livraison à l’hôtel est proposée gratuitement par beaucoup de loueurs locaux.
La caution est prise par empreinte de carte bancaire — prévoir entre 15 000 et 25 000 roupies bloquées le temps de la location.
En cas d’accident
La procédure en cas d’accident est différente de la France. Les véhicules doivent en principe rester immobilisés jusqu’à l’arrivée de la police — ne pas déplacer les voitures sauf danger immédiat.
Le constat amiable existe mais n’est pas applicable dans tous les cas : accidents avec blessés, présence d’alcool avérée, véhicule non assuré. Dans ces situations, un rapport de police est indispensable. Les compagnies d’assurances exigent souvent ce rapport pour toute indemnisation.
En rentrant en France après un accident : informer immédiatement sa compagnie d’assurance française et consulter un avocat si nécessaire.
FAQ
Faut-il un permis international pour conduire à Maurice ?
Non, pour un séjour de moins de 4 semaines, le permis français suffit. Au-delà de 4 semaines, un permis international ou une extension mauricienne est nécessaire.
À quel âge peut-on louer une voiture à Maurice ?
21 ans minimum (23 ans pour certaines catégories). Il faut avoir le permis depuis plus d’un an.
La conduite à gauche est-elle vraiment difficile ?
Non. La grande majorité des conducteurs s’adaptent en quelques heures. Les moments les plus délicats sont les virages et les intersections. Éviter de conduire après un vol de nuit — se reposer d’abord.
Quelle est la limite d’alcoolémie à Maurice ?
0,02 % BAC — quasi nulle. Nettement plus stricte qu’en France. Ne pas conduire après avoir consommé de l’alcool, même modérément.
Comment échanger son permis français contre un permis mauricien ?
Au Traffic Branch (Line Barracks, Port-Louis), avec lettre de demande en anglais, Relevé d’Information Restreint du permis français, passeport et permis originaux. Coût : environ 1 500 roupies. Délai : six à huit semaines. Trois visites requises.
Peut-on conduire à Maurice pendant un cyclone ?
Non. Sous alerte cyclonique de classe 3 ou 4, la conduite est interdite et l’assurance ne couvre pas les accidents.