Tropical beach

Snorkeling à l’île Maurice : les meilleurs spots et conseils pratiques 2026

L’île Maurice est entourée d’un lagon protégé par une barrière de corail sur la quasi-totalité de son littoral — près de 1 550 km² d’eaux peu profondes, chaudes et claires. Cette configuration géographique exceptionnelle en fait l’une des destinations de snorkeling les plus accessibles de l’océan Indien : inutile d’être plongeur certifié pour observer des poissons-perroquets, des tortues marines ou des anémones. Il suffit d’un masque, d’un tuba et, dans la plupart des cas, de savoir nager. Ce guide recense les meilleurs spots par région, les espèces à espérer croiser, et tout ce qu’il faut savoir pour préparer ses sessions.

Pourquoi l’île Maurice est idéale pour le snorkeling

Près de 700 espèces de poissons ont été recensées dans les eaux mauriciennes. Les récifs coralliens sont le support d’une vie marine dense : coraux durs, coraux mous, éponges, gorgones, anémones. L’eau est chaude toute l’année — entre 23 et 29 °C selon la saison — et la barrière de corail atténue les houles, créant des lagons calmes où les débutants et les enfants peuvent pratiquer en toute sécurité sur la majorité des spots.

Un détail souvent négligé : l’île Maurice abrite des espèces endémiques, dont le poisson-clown mauricien (distinct du poisson-clown de Nemo), présent uniquement aux Mascareignes et observable dans des spots spécifiques. C’est l’une des raisons pour lesquelles les plongeurs expérimentés font le voyage depuis l’Europe.

Le Parc Marin de Blue Bay — le meilleur spot de l’île

Côte sud-est, près de Mahébourg.

Blue Bay est le spot incontournable, unanimement cité comme le plus beau de l’île. C’est le seul parc marin officiel de Maurice, classé zone protégée, s’étendant sur plus de 140 hectares avec des fonds entre 5 et 6 mètres. Les coraux sont parmi les plus anciens et les mieux préservés de l’île — certains atteignent 800 ans d’âge. Les formations sont spectaculaires : coraux branchus, coraux tabulaires, coraux cerveau, coraux en cornes de cerf.

Ce qu’on observe : poissons-perroquets, idoles des Maures, poissons-demoiselles, sergents majors, poissons-papillons de Meyer. Avec de la chance : des tortues marines qui fréquentent ce spot. Les coraux sont préservés avec soin — aucun bateau motorisé n’est autorisé à l’intérieur de la zone centrale.

Comment y accéder : bateau à fond de verre depuis la jetée de la plage publique de Blue Bay, ou excursion guidée avec un opérateur local. Certaines zones intérieures du parc, notamment le Jardin de Corail, sont accessibles uniquement avec un guide professionnel en raison des courants. Une excursion de demi-journée combinant Blue Bay et un pique-nique sur l’île des 2 Cocos voisine est l’option la plus appréciée.

Conseil : arrivez en matinée. La faune marine est plus active avant 10h00 et la lumière est meilleure pour les photos sous-marines.

Trou aux Biches — les tortues et les coraux endémiques

Côte nord-ouest, entre Pointe aux Canonniers et Grand Baie.

Trou aux Biches est le spot le plus prisé du nord-ouest pour plusieurs raisons : la barrière de corail se trouve à seulement 200 mètres du bord, accessible à la nage sans embarcation ; le récif de 500 m² est composé de coraux tabulaires aux couleurs de feu ; et le spot abrite des anémones et des poissons-clowns mauriciens — une espèce endémique des Mascareignes — ainsi que des barracudas. Surtout, c’est l’un des meilleurs endroits de l’île pour croiser des tortues marines en snorkeling libre.

Comment nager jusqu’aux tortues sans excursion : depuis la plage en face du Beachcomber Trou aux Biches, nager en direction des bateaux à l’ancre (environ 200-300 mètres). Repérer la bouée jaune à gauche du ponton du Beachcomber et continuer dans cette direction. Les tortues fréquentent ces herbiers régulièrement. Distance et courant potentiel : réservé aux nageurs à l’aise.

Important sur les tortues : il est interdit de toucher, nourrir ou harceler les tortues à l’île Maurice. On peut les observer à distance raisonnable — les approcher trop près est légalement prohibé et met les animaux en danger. Ne rejoignez pas les excursions commerciales qui utilisent de la nourriture pour attirer les animaux.

Point de vigilance : le vent peut souffler fort sur ce spot, rendant les conditions difficiles pour les nageurs moyens. Évitez les jours de vent fort.

Flic en Flac — idéal pour les familles et les débutants

Côte ouest, au pied du Morne Brabant.

Flic en Flac est le spot le plus accessible pour les familles et les enfants — une rareté sur l’île. Les eaux sont calmes, abritées du vent (côte sous le vent), et peu profondes : seulement 2 mètres de profondeur en moyenne. La grande plage de sable permet d’entrer dans l’eau facilement depuis le bord. En prime, la vue sur la montagne du Morne Brabant en arrière-plan est l’une des plus belles de l’île.

Ce qu’on observe : dascyllus à queue blanche, poissons-papillons, petites murènes, balistes. Des raies aigles fréquentent occasionnellement la zone. L’eau est claire et chaude toute l’année.

Conseil : porter des chaussures de plage ou des palmes — des oursins noirs sont présents dans certaines zones. Ne marchez pas sur le fond corallien.

L’île Plate et l’îlot Gabriel — les fonds les plus préservés

Large de la côte nord, à 10 km au large, accessible depuis Grand Baie.

Ces deux îlots voisins, dont l’île Plate est classée réserve naturelle, offrent les fonds marins les mieux préservés du nord de l’île, précisément parce qu’ils sont moins accessibles que les spots côtiers. Il faut compter 90 minutes de bateau depuis Grand Baie pour les rejoindre.

Ce qu’on observe : poissons-anges empereurs (l’une des plus belles espèces de l’île), poissons napoléons, raies pastenagues, et tortues marines qui fréquentent régulièrement la zone. Le lagon entre les deux îlots est un spot d’exception pour le snorkeling — les récifs sont moins sollicités par les visiteurs quotidiens.

Comment y accéder : excursion en catamaran depuis Grand Baie avec une des compagnies locales. Les visites combinées Grand Baie / île Plate / îlot Gabriel / Coin de Mire sont proposées par plusieurs opérateurs.

Le Coin de Mire — la réserve naturelle

8 km au large de Cap Malheureux, côte nord.

Îlot volcanique de 76 hectares, réserve naturelle, accessible uniquement en bateau. Ses falaises sont le refuge des Pailles-en-Queue, les oiseaux emblématiques de l’océan Indien. Pas de plage, mais des rochers qui plongent dans une eau cristalline. Le snorkeling y est exceptionnel pour les poissons-perroquets et autres espèces récifales. Les coraux sont beaux et variés — l’absence de plage limite la fréquentation, ce qui préserve les fonds.

Crystal Rock et l’île aux Bénitiers — dauphins et snorkeling dans le lagon du Morne

Sud-ouest de l’île, lagon du Morne Brabant.

L’île aux Bénitiers émerge dans le lagon du Morne, accessible en 30 minutes de catamaran depuis la baie de Tamarin. C’est l’excursion la plus populaire de la région sud-ouest — elle combine deux expériences : le snorkeling autour de Crystal Rock (un rocher corallien émergent dans un lagon cristallin ultra-peu profond) et l’observation des dauphins à long bec et grands dauphins qui vivent dans ce lagon. Des groupes de dauphins sont présents régulièrement le matin tôt, entre 8h00 et 10h00.

Crystal Rock est décrit comme « nager dans un aquarium naturel » : eau peu profonde, incroyablement claire, poissons-anges, chirurgiens bleus, et oursins noirs nichés dans les roches. Convient parfaitement aux familles et aux enfants en raison des eaux calmes.

Tarifs indicatifs : excursion Crystal Rock + île aux Bénitiers + dauphins à partir de 54 €/personne via des opérateurs locaux.

Trou d’Eau Douce et l’île aux Cerfs — côte est

Côte est, village de Trou d’Eau Douce.

Trou d’Eau Douce est le village de départ pour l’île aux Cerfs, mais c’est aussi un excellent spot de snorkeling en lui-même. Le récif côtier présente une profondeur constante de 2 à 3 mètres, protégé des vagues et des courants. On y observe des étoiles de mer (dont des étoiles de mer bleues), des oursins noirs, des poissons chirurgiens, des poissons-perroquets, et des palourdes géantes aux couleurs éclatantes. L’eau est d’une transparence remarquable.

L’île aux Cerfs elle-même n’est pas le meilleur spot de snorkeling de l’île — son lagon central est surtout adapté à la baignade. En revanche, les excursions vers l’île aux Cerfs combinent souvent une session de snorkeling sur la barrière de corail de Trou d’Eau Douce, juste à proximité — une façon intelligente de combiner plage et fonds marins.

La Baie de Mahébourg et le Jardin des Anémones

Côte sud-est, sud de Blue Bay.

La baie de Mahébourg est un spot hors des sentiers battus, encore peu touristiqué, accessible uniquement en bateau avec un guide local. Profondeur de 8 mètres. Le Jardin des Anémones est l’un des endroits les plus spéciaux de toute l’île Maurice pour une raison précise : c’est probablement le meilleur endroit de l’île pour observer le poisson-clown mauricien, espèce endémique des Mascareignes. D’autres spots proches — Trou Moutou, Courant Zaigrettes — complètent une journée en bateau depuis Mahébourg.

Pointe d’Esny — la voisine discrète de Blue Bay

Côte sud-est, juste au nord de Blue Bay.

Moins connue et nettement moins fréquentée que Blue Bay, Pointe d’Esny est une plage quasi déserte avec un lagon immense et une eau incroyablement limpide. Plusieurs petits récifs sont accessibles depuis le bord. Idéale pour qui veut l’expérience Blue Bay sans la foule des excursions.

Pointe aux Piments et le Parc Marin de Balaclava — tortues et coraux

Côte nord-ouest, entre Port-Louis et Trou aux Biches.

La région de Pointe aux Piments et du parc marin de Balaclava est l’un des meilleurs secteurs de l’île pour nager près des tortues marines. La flore corallienne y est particulièrement développée, avec des demoiselles, des poissons-flûtes et d’autres espèces récifales. Les tortues viennent régulièrement dans ces zones — les excursions « nager avec les tortues » partent généralement depuis Pointe aux Piments. Arrivée tôt le matin recommandée pour les meilleures conditions d’observation.

Grand Gaube — baie des Confettis et Jabeda

Côte nord, au large de LUX Grand Gaube.*

Pour les voyageurs séjournant dans la région de Grand Gaube, plusieurs spots de qualité sont accessibles en excursion : la baie des Confettis et Jabeda. Ces deux sites se distinguent par leurs récifs vivants et une faune riche : barracudas, raies, poissons-clowns, dans un environnement encore préservé. LUX* Grand Gaube organise des excursions depuis l’hôtel vers ces spots.

Les espèces à espérer croiser

Les poissons : poisson-perroquet (commun sur tous les spots), idole des Maures (rayures noires et blanches), poisson-ange empereur (bleu et orange, spectaculaire), poisson-napoléon (bosse frontale caractéristique), barracuda, baliste, poisson-papillon, poisson-demoiselle, poisson-chirurgien, mérou, murène. Le poisson-clown mauricien (endémique) se trouve principalement dans le Jardin des Anémones de Mahébourg et parfois dans le récif de Pereybere.

Les mégafaunes :

Tortues marines — deux espèces fréquentent les eaux mauriciennes : la tortue verte et la tortue imbriquée. Les spots les plus réguliers : Trou aux Biches, le lagon de Pereybere, Pointe aux Piments/Balaclava, Blue Bay, île Plate. Les tortues remontent respirer toutes les 15 à 20 minutes — elles peuvent être observées depuis la surface. Interdit de les toucher, nourrir ou harceler.

Dauphins — dauphins à long bec et grands dauphins vivent dans le lagon du Morne. Les meilleures zones d’observation : île aux Bénitiers, baie de Tamarin, départs depuis Flic en Flac. Les groupes sont présents tôt le matin (8h-10h).

Raies — raies aigles et raies pastenagues visitent occasionnellement les zones peu profondes. Les raies manta sont présentes en eaux profondes (hors portée du snorkeling). Île Plate est l’un des spots les plus réguliers pour les raies pastenagues.

Ce qu’on ne verra pas : des requins. L’île Maurice est connue pour l’absence de requins dans ses lagons. Aucun risque documenté.

Période idéale et conditions

La meilleure visibilité sous-marine est généralement de mai à décembre, quand les eaux sont plus calmes et moins troublées par les pluies. L’eau est à son maximum de chaleur (27-29 °C) de novembre à mars — si vous voulez nager dans une eau très chaude, c’est la période à privilégier, mais la visibilité peut être moindre en janvier-février.

En pratique, le snorkeling est excellent toute l’année à condition de choisir ses jours. La règle principale : évitez les jours venteux. La houle trouble l’eau et complique l’observation. La matinée (8h-11h) est universellement la meilleure fenêtre : moins de vent, faune marine plus active, lumière plus belle pour les photos sous-marines.

Spots accessibles sans excursion (depuis la plage)

Plusieurs spots permettent de se mettre à l’eau directement depuis la plage, sans payer d’excursion :

  • Trou aux Biches — nager jusqu’à la barrière (~200 m, courant possible, nageurs confirmés)
  • Flic en Flac — idéal, 2 m de profondeur, pour tous niveaux y compris enfants
  • La Cuvette / Pereybere (près de Grand Baie) — côté rochers, poissons et coraux accessibles depuis le bord
  • Pointe aux Canonniers — coraux colorés à quelques brasses du rivage, tortues possibles
  • Pointe d’Esny — petits récifs depuis le bord, eau incroyablement limpide
  • Trou d’Eau Douce — récif côtier à 2-3 m de profondeur, calme et protégé

Conseils pratiques

L’équipement : le confort est nettement supérieur avec son propre équipement — masque bien ajusté à son visage, tuba sec, palmes courtes pour manœuvrer dans les eaux peu profondes. Comptez 30 à 50 € pour un bon set à acheter. L’équipement est aussi disponible en location sur place, et il est souvent inclus dans le prix des excursions. Pas besoin de combinaison — l’eau est à 26-29 °C.

La crème solaire : utilisez uniquement des crèmes solaires minérales (à base d’oxyde de zinc ou de dioxyde de titane). Les crèmes chimiques contiennent des filtres UV (oxybenzone, octinoxate) qui blanchissent les coraux et perturbent l’écosystème marin. L’île Maurice encourage activement l’usage de crèmes solaires reef-safe.

Les règles à respecter :

  • Ne jamais marcher sur les coraux ni les toucher
  • Interdiction formelle de collecter coquillages, coraux ou animaux marins
  • Ne pas nourrir les poissons (déséquilibre de l’écosystème)
  • Ne pas toucher, nourrir ni approcher les tortues
  • Ramener tous ses déchets
  • Respecter une distance d’au moins 2 mètres avec les formations coralliennes

Les chaussures de plage : recommandées à Flic en Flac et dans toute zone où des oursins noirs sont présents. Une piqûre d’oursin n’est pas grave mais très douloureuse — mieux vaut prévenir.

L’appareil photo : un boîtier étanche pour smartphone est suffisant pour la majorité des spots peu profonds. Pas besoin d’investir dans un appareil photo spécialisé si vous débutez.

Tarifs indicatifs des excursions

  • Blue Bay Marine Park (demi-journée, bateau à fond de verre + snorkeling + île des 2 Cocos) : environ 35-60 €/personne
  • Crystal Rock + île aux Bénitiers + dauphins : à partir de 54 €/personne
  • Trou aux Biches + tortues (excursion guidée) : à partir de 58 €/personne
  • Île aux Cerfs (catamaran avec étape snorkeling) : à partir de 85 €/personne
  • Île Plate + îlot Gabriel (catamaran depuis Grand Baie) : autour de 70-90 €/personne

La plupart des grands hôtels (Trou aux Biches Beachcomber, LUX* Grand Gaube, Tropical Attitude, Silver Beach…) proposent un accès au lagon et souvent des bateaux à fond de verre inclus dans le séjour ou à tarif préférentiel.

FAQ

Faut-il savoir plonger pour faire du snorkeling à l’île Maurice ?

Non. Le snorkeling ne nécessite aucune compétence de plongée. Il suffit de savoir nager et de se sentir à l’aise à la surface de l’eau. La plupart des spots mauriciens sont peu profonds (2 à 6 m) et calmes. Les enfants dès 5 ans peuvent pratiquer sur des spots comme Flic en Flac ou la Cuvette.

Peut-on vraiment nager avec des dauphins à Maurice ?

Les dauphins (surtout dauphins à long bec et grands dauphins) sont présents dans le lagon du Morne Brabant, côté île aux Bénitiers et baie de Tamarin. Des excursions les proposent tôt le matin. Il est possible de nager à proximité de groupes de dauphins dans leur environnement naturel — contrairement aux attractions en captivité, les dauphins de Maurice sont libres et leur présence n’est jamais garantie.

Y a-t-il des requins à l’île Maurice ?

L’île Maurice est connue pour son absence de requins dangereux dans ses lagons. Aucun incident documenté avec des requins en snorkeling sur les spots côtiers n’est à signaler. Des requins taureaux sont présents dans quelques zones de plongée profonde (Pigeon Rock / Shark Pit près de l’île Plate), réservées aux plongeurs certifiés.

L’île aux Cerfs est-elle un bon spot de snorkeling ?

L’île aux Cerfs elle-même n’est pas un spot de snorkeling exceptionnel — son lagon central est surtout adapté à la baignade et aux sports nautiques. En revanche, les excursions vers l’île aux Cerfs incluent généralement un arrêt snorkeling sur la barrière de corail de Trou d’Eau Douce, juste à côté — c’est là que l’expérience sous-marine est la plus intéressante.

Peut-on faire du snorkeling tous les jours à Maurice ?

Oui, avec les bonnes conditions. Les jours venteux (houle qui trouble l’eau) sont à éviter. La fenêtre matinale 8h-11h est la plus régulièrement favorable. En saison des pluies (novembre-avril), il peut y avoir des jours de mauvaise visibilité après de fortes pluies, mais les belles journées restent très nombreuses.

Romain

Romain

Romain est cofondateur de National Library et expatrié français installé à l’Île Maurice. Ayant lui-même mené l’ensemble des démarches d’expatriation, il partage une expérience concrète du terrain et des réalités administratives locales. Il rédige des contenus clairs, factuels et orientés pratique pour aider les futurs expatriés à prendre des décisions éclairées.