Tropical beach

Créer une société à l’île Maurice : le guide complet 2026

L’île Maurice est devenue l’une des juridictions les plus attractives de la région pour créer une entreprise : fiscalité douce, absence de contrôle des changes, possibilité pour un étranger de détenir 100 % du capital, et un processus d’incorporation rapide et largement digitalisé. Mais avant de se lancer, une décision structure tout le projet : quel type de société créer ? Domestic Company pour le marché local, ou Global Business Company pour l’international ? Ce choix détermine votre fiscalité, vos obligations et vos coûts. Voici le guide complet pour créer votre société à Maurice en connaissance de cause.

À lire avant tout. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Le choix de la structure, la fiscalité et les obligations dépendent étroitement de votre projet et évoluent régulièrement. Chaque cas étant unique, le plus sûr est de vous faire accompagner : contactez-nous pour faire le point sur votre projet et être épaulé à chaque étape de votre création de société à Maurice.

Première décision : quel type de société créer ?

C’est le choix fondateur, celui qui conditionne tout le reste. Trois structures principales s’offrent à vous.

La Domestic Company : pour le marché local

C’est la structure adaptée si votre activité s’adresse au marché mauricien (commerce, services locaux, restauration, conseil sur place, investissement immobilier). Elle est soumise à l’impôt sur les sociétés de 15 %, peut être détenue à 100 % par un étranger, et ne requiert pas de capital social minimum. Son incorporation est simple et rapide. C’est le choix naturel de la plupart des entrepreneurs qui s’installent pour développer une activité sur l’île.

La Global Business Company (GBC) : pour l’international

La GBC est conçue pour les activités tournées vers l’international. Son attrait majeur est fiscal : grâce à une exemption partielle sur les revenus de source étrangère, son taux d’imposition effectif peut descendre autour de 3 %, et elle donne accès au vaste réseau de conventions fiscales de Maurice (plus de 40 pays). En contrepartie, elle est plus exigeante : elle suppose une substance économique réelle sur l’île, au moins un directeur résident qualifié, une licence de la Financial Services Commission (FSC), et des coûts annuels élevés (souvent 6 000 à 15 000 USD en frais de gestion, audit et conformité). Ce n’est donc pas une structure pour un petit projet local.

L’Authorised Company (AC)

Variante offshore, l’AC est exonérée d’impôt sur ses revenus étrangers mais, contrairement à la GBC, n’a pas accès aux conventions fiscales. Elle répond à des besoins spécifiques d’activité purement internationale, à arbitrer avec un spécialiste.

Le bon réflexe : choisir la structure en fonction de son marché cible (local ou international) et de sa stratégie, pas seulement du taux d’imposition affiché. Une GBC mal calibrée coûte cher en conformité pour rien ; une Domestic Company suffit largement à la majorité des projets d’installation.

Les étapes de l’incorporation

Une fois la structure choisie, le parcours de création est balisé et largement en ligne.

1. Réserver le nom de la société

La première étape consiste à vérifier la disponibilité et à réserver le nom de l’entreprise auprès du Registrar of Companies (RoC).

2. Préparer et déposer les statuts

Vous constituez ensuite le dossier d’incorporation : statuts (memorandum and articles of association), copies certifiées des passeports des actionnaires et directeurs, justificatif de siège social à Maurice, et désignation des dirigeants. Le dossier est déposé auprès du RoC, qui délivre le certificat d’incorporation et le numéro d’enregistrement.

3. S’enregistrer auprès du CBRD

La société doit être enregistrée auprès du Corporate and Business Registration Department (CBRD) et, selon l’activité, obtenir sa licence d’exploitation. C’est un point que nous détaillons dans notre article sur la trade licence à l’île Maurice.

4. Pour une GBC : la licence FSC

Si vous optez pour une GBC, une étape supplémentaire s’ajoute : l’obtention d’une licence auprès de la Financial Services Commission, qui allonge le délai et renforce les exigences.

5. Ouvrir un compte bancaire professionnel

Enfin, l’ouverture d’un compte bancaire d’entreprise est indispensable. Elle suppose un dossier KYC complet et un business plan, et peut prendre plusieurs semaines en raison des vérifications de conformité. Nous y consacrons notre article sur les banques à l’île Maurice.

Capital, coûts et délais

Quelques repères concrets pour budgéter votre projet (montants indicatifs, à confirmer) :

  • Capital social : pas de minimum légal pour une Domestic Company ; les exigences de capital relèvent surtout des permis d’immigration (voir plus bas), pas de l’incorporation elle-même.
  • Frais d’incorporation : de l’ordre de 3 400 roupies (environ 70 €) pour une Domestic Company, et autour de 13 500 roupies (environ 275 €) pour une GBC.
  • Délais : généralement 3 à 5 jours ouvrables pour une Domestic Company, et de deux semaines à un mois pour une GBC, du fait des contrôles de la FSC.
  • Coûts annuels : modestes pour une Domestic Company (frais d’enregistrement, comptabilité) ; nettement plus lourds pour une GBC (gestion, directeur résident, audit, conformité).

Le cas de l’entrepreneur étranger

C’est un point essentiel à bien comprendre. Un étranger peut détenir 100 % d’une société mauricienne et la créer même sans résider sur l’île. Mais deux exigences s’imposent souvent : disposer d’un siège social enregistré à Maurice, et nommer un secrétaire ou un dirigeant résident (obligatoire pour une GBC, recommandé pour démontrer la substance). En pratique, la création passe presque toujours par une Management Company agréée par la FSC, qui pilote les formalités auprès du RoC et de la FSC.

Surtout, il faut bien distinguer deux choses : créer la société (ce que décrit cet article) et obtenir le droit d’y travailler et d’y vivre. Pour exercer et résider à Maurice, l’entrepreneur étranger a besoin du permis d’immigration adéquat — Investor Occupation Permit ou Self-Employed Permit selon le projet — avec ses propres seuils de capital. Nous traitons ce volet dans nos articles sur le freelance et la reprise d’un fonds de commerce à Maurice. Société et permis se préparent en parallèle.

La fiscalité de la société en bref

La société est soumise à l’impôt sur les sociétés de 15 %, l’un des plus compétitifs de la région, avec des régimes particuliers selon l’activité et la structure. Maurice ne prélève pas d’impôt sur les plus-values, et les services exportés bénéficient en principe d’une TVA à 0 %. Point important pour la réputation de la juridiction : Maurice applique les standards internationaux de transparence et ne figure ni sur la liste grise ni sur la liste noire de l’UE ou de l’OCDE. Pour le détail du système fiscal, nous y consacrons un article dédié à l’impôt à l’île Maurice.

Bien préparer son projet

La création en elle-même est rapide, mais la réussite tient à la préparation en amont : choisir la bonne structure, calibrer le capital et le permis d’immigration, anticiper l’ouverture du compte bancaire (souvent l’étape la plus longue), et sécuriser la conformité. Une erreur de structure ou un dossier bancaire mal préparé peut coûter des semaines et de l’argent. C’est précisément le type de projet où un accompagnement local évite les faux pas et fait gagner un temps précieux.

FAQ : créer une société à l’île Maurice

Un étranger peut-il créer une société à Maurice ?

Oui, et il peut en détenir 100 % du capital, même sans résider sur l’île. Il faut toutefois disposer d’un siège social local et, souvent, d’un dirigeant ou secrétaire résident. La création passe généralement par une Management Company agréée par la FSC.

Quelle structure choisir : Domestic Company ou GBC ?

La Domestic Company convient aux activités sur le marché local (impôt sur les sociétés de 15 %, simple et peu coûteuse). La Global Business Company vise l’international, avec un taux effectif pouvant avoisiner 3 % et l’accès aux conventions fiscales, mais elle exige substance, directeur résident, licence FSC et des coûts annuels élevés. Le choix dépend de votre marché cible.

Y a-t-il un capital minimum pour créer une société à Maurice ?

Non, il n’y a pas de capital social minimum légal pour une Domestic Company. En revanche, les permis d’immigration pour étrangers (Investor ou Self-Employed Permit) ont, eux, leurs propres seuils de capital à respecter.

Combien de temps et combien coûte la création ?

Comptez environ 3 à 5 jours ouvrables et des frais d’incorporation de l’ordre de 70 € pour une Domestic Company ; deux semaines à un mois et des frais plus élevés (environ 275 €) pour une GBC, sans compter ses coûts annuels de conformité. L’ouverture du compte bancaire ajoute souvent plusieurs semaines.

Créer une société suffit-elle pour vivre et travailler à Maurice ?

Non. Créer la société et obtenir le droit d’y résider et d’y travailler sont deux choses distinctes. L’entrepreneur étranger doit aussi obtenir un permis d’immigration (Investor ou Self-Employed Occupation Permit). Les deux démarches se mènent en parallèle.

Quelle est la fiscalité d’une société mauricienne ?

L’impôt sur les sociétés est de 15 %, sans impôt sur les plus-values, et les services exportés sont en principe à 0 % de TVA. Une GBC peut atteindre un taux effectif bien plus bas sur ses revenus étrangers. Maurice respecte les standards internationaux et ne figure sur aucune liste grise ou noire.

Romain

Romain

Romain est cofondateur de National Library et expatrié français installé à l’Île Maurice. Ayant lui-même mené l’ensemble des démarches d’expatriation, il partage une expérience concrète du terrain et des réalités administratives locales. Il rédige des contenus clairs, factuels et orientés pratique pour aider les futurs expatriés à prendre des décisions éclairées.